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CDJ : écologie, féminisme et anti-racisme : de la convergence des luttes

Par Hervé Malgorn, publié le mercredi 18 mars 2026 17:52 - Mis à jour le samedi 28 mars 2026 12:39
A travers la réalisation d'une fresque, les jeunes élus de la commission Développement durable ont découvert pourquoi et comment les luttes féministes et anti-racistes étaient liées à celles de l'écologie et de la protection de l'environnement.

Vendredi 13 mars, les élus de la commission "Développement Durable" se sont réunis dans les locaux de la Maison départementale.
Au programme de la matinée :  un atelier "fresque" spécialement concocté par Florian Messador, intervenant de l'Association Nîmes en transition et président la l'association Mémoire verte, avant de continuer le travail sur leur projet de mandat : une exposition de sensibilisation aux enjeux écologiques. 

L'objectif est d'amener les jeunes à découvrir et à comprendre les liens historiques et actuels étroits entre la destruction de l'environnement, l'atteinte aux droits des femmes et les politiques racistes. Explications.

Le rapport de domination

Une fresque sur l'écoféminisme et l'antiracisme

Pour aborder ce vaste et exigeant sujet, Florian Messador a donc proposé la réalisation de cette fresque sur les thèmes de l'écoféminisme et de l'antiracisme, qui a pour vocation dans un premier temps de faire réfléchir les jeunes élus sur l'existence de systèmes et rapports de domination à l'encontre de populations humaines et du vivant en général. 


 ette fresque, conçue par Florian Messador, fonctionne à l'image des fresques du climat, de la biodiversité, etc. 

>> Voir aussi, sur le site l'Invent'Terre, la fiche action : "Réaliser une fresque (du climat)


Chaque groupe reçoit un premier lot de 3 cartes : 

  • une carte "Féminisme", 
  • une carte "Racisme" 
  • une carte  "Écologie".

Ce sont les 3 cartes "thématiques". On les dispose en triangle, très espacées sur sa grande feuille de kraft car on va désormais devoir y relier une douzaine d'autres cartes. 
Distribuées par lot, ces cartes présentent aussi bien des événements ou personnages historiques (la guerre du Vietnam, Vanada Shiva, le massacre des bisons d'Amérique au XIXème siècle... ), que des métiers (fleuriste, personnel d'entretien), des maladies ou même des biens de consommation (le maquillage). Les explications au verso, lues par les participants à l'ensemble de leur petit groupe, permettent de comprendre en quoi ces sujets sont liés à une ou plusieurs de ces grandes thématiques.

Au fur et à mesure qu'ils découvrent ces sujets, qu'ils manipulent et positionnent les cartes, les participants prennent conscience que se dessine sur leur fresque un même rapport de domination.

En effet, quelle est l'expérience commune vécue par l'ensemble des femmes sur la planète, par les personnes dites "racisées" et par la nature vivante (faune et flore comprises) ?

Celle d'avoir été, et d'être encore, considérées comme étant des êtres vivants "inférieurs" selon un système hiérarchique, de valeurs et de positions ayant placé durant des siècles les hommes, blancs (mais aussi "valides", "hétérosexuels", "éduqués", "aisés", etc...) tout en haut d'une "pyramide du vivant".

Quel est le dominateur commun aux luttes féministes, écologiques et anti-racistes, profondément humanistes, face à un ordre, un état de fait, une réalité transversale qui vient frapper aussi bien certains êtres humains que le "vivant" dans son ensemble ?

Comment sortir d'un système pyramidal plaçant et figeant chaque être vivant dans une position où les uns dominent les autres selon la place qu'ils occupent. 
Et avec, bien entendu, un être "super dominant" au sommet de cette hiérarchisation du vivant. Un système qui a donc eu (et a encore) pour conséquence d'entériner un ordre se voulant définitif et intangible, au détriment d'une part majeure du vivant sur notre planète, considérée comme exploitable et corvéable à merci. 

De carte en carte, de lien en lien, se dessine progressivement une fresque, sur laquelle ces évènements et situations, qui n'ont en apparence pas grand chose en commun, se trouvent reliés, par delà les continents et les siècles, par delà l'espace et le temps, par ce même rapport de domination des uns à l'encontre...de tous les autres.



Les élus du CDJ se sont montrés très investis dans la réalisation de leur fresque, parfois surpris choqués par les injustices qu'elle met en lumière.

Cette approche dite "intersectionnelle" du réel, invitant à considérer le réel dans sa globalité et dans sa complexité leur a permis de mieux cerner l'importance des enjeux écologiques, pour le progrès humain (le droit des femmes, des populations racisées) aussi bien que pour la planète.


Séance photo, "pause mannequin" et affiches à créer pour la future expo

Après un déjeuner sur place, comme des agents du Conseil départemental, il était temps pour les jeunes de se remettre à la réalisation de leur exposition destinée aux collèges du département.
Mais, temps de digestion des pizzas oblige, on a repris les travaux par une séance de shooting extrêmement ludique mais néanmoins nécessaire !

En effet, la commission avait décidé de réaliser elle-même la photographie de l'exposition qui illustrera la thématique et le panneau de la "consommation responsable". Invités à rapporter des accessoires de mode (lunettes de soleil, chapeaux, tote-bags) pour nous permettre d'en constituer une collection déraisonnable mettant en lumière notre tendance à la surconsommation, nos jeunes modèles se sont volontiers prêtés au jeu du shooting photos. 
 

Combien de terres faut-il à un Homme ? Combien de chapeaux, de lunettes, de sacs faut-il à un·e élu·e du CDJ pour illustrer le sujet de la surconsommation ?  
Merci au photographe, qui a donné de sa personne pour réaliser les photos de l'expo


Après cette séquence, il fut temps de se repencher un peu sur les textes qui accompagneront la photo de chaque panneau de l'exposition. Un exercice forcément un peu plus difficile, d'autant qu'il faut être clair et impactant sans être longs, mais que nos jeunes élus devraient parvenir à faire aboutir... rapidement ! En effet, le printemps arrive et les élus du CDJ sont bien conscients du peu de séances qu'il leur reste désormais pour concrétiser leur très beau projet (3). 

Une fois encore, on devra être investi et efficace lors de la prochaine rencontre prévue jeudi 9 avril, au collège Les Fontaines, à Bouillargues !