La musique Métal au Collège : une première gardoise
Anne Tessedre, professeure d’anglais, accompagnée de Pascal Gueugue, directeur de la Fédération des Musiques Métalliques.
La musique Métal au Collège : une première gardoise !
Pour la première fois, le Conseil départemental initie un parcours labellisé dans trois collèges gardois autour du métal comme genre musical. Cette esthétique musicale souvent méconnue sera mise en lumière en 2025 dans le cadre du dispositif « Artistes au Collège ».
Côté musiciens, le projet est porté par Pascal Gueugue, directeur de la Fédération des Musiques Métalliques, par le musicien gardois Laurent Benitah, et Adrien Tirel issu de la SMAC Paloma et du groupe montpelliérain de métal Eiga. Ce parcours original est une première en France.
Un projet associant 3 collèges gardois
Le genre musical « métallique » influence les arts et la culture depuis plusieurs décennies. Alors que le rap connait une audience grandissante, la découverte du Métal reste un enjeu pour mieux comprendre un champ à part entière des musiques actuelles. C’est peut-être ce qui a séduit les enseignants des collèges gardois qui se sont engagés dans ce projet. Il aboutira le 29 avril 2025 à la SMAC Paloma à Nîmes.
Né à la fin des années 1960 dans le monde anglo-saxon, le métal rayonne aujourd’hui partout dans le monde, à travers différents festivals, comme le « Hellfest » en France. La Fédération des Musiques Métalliques a engagé un travail visant à expliquer ce genre musical aux plus jeunes, dont les thématiques font souvent écho aux questionnements des nouvelles générations.
Sur le tableau de la classe, les intervenants inscrivent les grandes questions abordées dans le métal.
Les collégiens participants au parcours sont issus des établissements de la Galaberte à Saint-Hippolyte-du-fort, du collège du Bosquet à Bagnols-sur-Cèze et du collège Jean Rostand à Nîmes. C’est au sein de ce dernier établissement que s’est tenu le 23 janvier un atelier d’écriture autour de la musique métal, en présence des musiciens Pascal Gueugue et Laurent Benitah, emmené par le référent culture de l’établissement et professeur d’Arts plastiques, Didier Rouquier.
Ces ateliers sont articulés autour d’un moment d’introduction sur ce genre musical. Par la suite, les collégiens doivent en groupe de 3 ou 4 écrire une chanson à partir des thématiques abordées dans la musique métal. Dans un second temps, les artistes reprendront les différents textes pour pouvoir les adapter aux nécessités du genre musical. Un texte sera sélectionné et servira de chanson dans la perspective de la restitution à la SMAC Paloma.
Mettre en musique ce que l’on a vécu
Dans la classe de leur professeure d’anglais Anne Tessedre, différents groupes de collégiens s’attèlent autour d’une feuille de papier blanche. Il faut d’abord trouver une histoire à raconter. Dans certains groupes, les collégiens partent d’expériences personnelles, et notamment de situations d’injustices qu’ils ont vécues. Les collégiens réfléchissent, accompagnés par les musiciens et leurs enseignants, à la manière de raconter ces expériences à travers les paroles d’une chanson. Ils évoquent tour à tour les questions de discriminations et les façons d’en rendre compte en musique.
Laurent Benitah échangeant avec un élève du collège Jean Rostand.
Cet exercice difficile appelle l’intervention des adultes présents. Pascal Gueugue s’attarde ainsi avec trois enfants en mal d’inspiration. Un débat entre les enfants nait sur la responsabilité individuelle de chacun. De là, un collégien explique avoir refusé de faire des choses illégales malgré la pression sociale. Pour lui, « on peut refuser de faire des choses quand on le décide ». En débattant entre eux, les collégiens définissent le cadre de la chanson. Dans un autre groupe, le propos s’affine et les premiers couplets apparaissent sur la feuille de papier.
« Il y’a des fois ou les humains
Ne sont pas vraiment humains
Alors qui est supérieur
Qui est moins que rien
Qui sait voir un cœur
Quand il y en a un »
Extrait de Couleur de Peau, rédigé par les élèves du collège Jean Rostand.
Au bout de 3 heures d’échanges, les élèves rendent leurs copies aux artistes. Après les cours, les musiciens prolongent leur accompagnement en retravaillant les textes. Trois titres ressortent : « Rose paillette », « Couleur de peau », « Forest ». Au collège Jean Rostand, la suite du travail se fera dans quelques semaines dans le studio de musique.